{"product_id":"27835","title":"Aggravations et final","description":"\u003cp\u003e\u003ci\u003eLe mouvement des vivants échappe au temps de pause\u003c\/i\u003e\u003cbr\u003eOlivier Cadiot\u003c\/p\u003e\u003cp\u003eDans \u003ci\u003eAggravations\u003c\/i\u003e, j'ai voulu avancer sans retour en arrière, ce qui est intellectuellement impossible (et en musique plus que dans tout autre art) utilisant, en les concassant : marches, rythmes de chevauchée, valse, ritournelles, échos familiers, non pas citations, puisque qu'il s'agit d'archétypes, mais plutôt prélèvements comme pour un autovaccin.\u003cbr\u003eLa vitesse, l'aspiration par le vide, l'impression de vertige, une sorte d'épuisement progressif de la matière par accélération ramène à l'idée de frayeur, de mécanique inexorable, de pente (dans le sens aussi d'inclination, de propension). Je pensais bien parfois qu'écrivant \u003ci\u003eAggravations\u003c\/i\u003e, j'avais capté la musique trop tard, quand elle était déjà dans sa phase d'essorage.\u003cbr\u003eLe principe qui précipite, relie et contredit cette règle est la boucle (idée que j'avais abordé en 1987 dans ma première oeuvre d'orchestre, le Grand quinconce, sorte de mobile sonore à la Tinguely), la répétition pure, l'itération par blocage, le sillon fermé. Cet effet rondo par refrains en boucle incruste une certaine lenteur structurelle dans un tempo frénétique. \u003ci\u003eLe sujet fait du sur place\u003c\/i\u003e (Roland Barthes)\u003cbr\u003eL'aggravation, chemin faisant, est devenue, dans cette oeuvre, une entité formelle et poétique, comme les \u003ci\u003eBéatitudes\u003c\/i\u003e chez César Franck. Chaque aggravation est donc suivie d'une boucle (on pourrait dire un \u003ci\u003edouble\u003c\/i\u003e), précipité de la matière précédente. Deux \u003ci\u003econducti\u003c\/i\u003e - silences colorés - ponctuent la forme avant le final plus ramassé et unitaire, où l'on repère facilement le motif de la chevauchée puis une sorte de mécanique grinçante et sèche qui marque les dernières forces du ressort.\u003cbr\u003eDans ce lacéré d'affiches, on peut voir réapparaître, effilochées, quelques publicités, figures très anciennes auxquelles une tendresse profonde, remontant parfois à l'enfance, nous lie. On reconnaîtra Bruckner, qui a procédé souvent lui-même par panneaux successifs, Messiaen, et ses émaux cloisonnés, mais aussi, Scarlatti (le fils) dont \u003ci\u003eAggravations\u003c\/i\u003e a pris, par réflexe, ce couper-coller de la pensée, la façon fébrile, le jeu cruel et délicat - folie au travail - fouettant, déchirant, agrégeant la matière dans une fuite en avant, manière presque dédaigneuse de mettre à mal l'idée même et son intégrité, comme s'il s'agissait, en fait, de semer les poursuivants.\u003cbr\u003eGérard Pesson, 15 août 2002\u003c\/p\u003e","brand":"Hexamusic","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":51496419754323,"sku":null,"price":73.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0824\/5113\/6851\/files\/aggravations-et-final_4bbac9f4-7e48-4566-b001-df9838e78ac1.jpg?v=1753984094","url":"https:\/\/deuxcrochesnoire.com\/products\/27835","provider":"deuxcrochesnoire.com","version":"1.0","type":"link"}