{"product_id":"27782","title":"Concerto I - Birwa","description":"\u003cp\u003ell en est de la poésie comme de la mémoire : ce qui est perdu se redessine, refaçonné dans la langue, par l'inlassable feuilleté des évocations. La forme du concerto, par son déséquilibre fondateur, semble à même de transcrire ce travail poétique. Je pourrais presque dire que la partie de clavecin principal, ici, se charge d'oubli, de fragilité, ne se nourrit que des résidus laissés pour compte par l'ensemble qui, par son encerclement tant physique que sonore, menace constamment le soliste d'engloutissement. Quelques clairieres optimistes, néanmoins, feront croire un moment à une fraicheur retrouvée. une innocence épargnée, ne serait-ce que par leurs titres : \"Pomme dédiée à la mer\", \"Narcisse du marbre\", \"Papilon de pierre\". Si ce concerto avait un sujet, c'est d'exil qu'il faudrait discuter, ou plutôt de ce que l'exil force à rêver : la langue de la mélancolie, des amitiés pétrifiées, une carte du monde. \u003ci\u003eAl-Birwa\u003c\/i\u003e est le nom du village natal - aujourd'hui disparu - du grand poète palestinien Mahmoud Darwich. \u003cbr\u003eUn mot enfin après ce texte de programme déjà ancien. Je dois l'avouer, la poésie rentre difficilement dans mon horizon musical et ce mode d'expression m'est très largement étranger, a quelques exceptions bien sur : Mahmoud Darwich, mais aussi Virgilio Giotti (pour une oeuvre avenir, très certainernent), Virgile (pour ma première émotion poétique à l'issue de la lecture du \u003ci\u003eLiber bucolicorum\u003c\/i\u003e), Durs Grunbein (pour \u003ci\u003ePorzellan. Poem vom Untergang meiner Stadt\u003c\/i\u003e), et quelques autres encore. Je suis un lecteur obsessionnel de textes théoriques : philosophie, économie, musique, architecture, physique, et le mode de pensée théorique a quantitativement rarement coincidé avec l'art poétique, même si, depuis Lucrèce, la poésie scientifique a pu tisser un lien continu entre connaissance et poésie. La question de fond qui a souvent coupé mon elan quant à la possibilité de composer sur, ou avec des textes poétiques est toute classique : la poésie construit son propre enchevêtrement de paramètres musicaux (rythme, intonation) et toute adjonction rnusicale emporte avec elle des questions d'une complexité proprement abyssale, si l'on considère qu'il faut renouveler ou dépasser les modèles historiques préexistants. Et de fait, une musique - comme celle de ce \u003ci\u003eConcerto\u003c\/i\u003e - fondée sur une poétique latente, quand bien même elle irrigue en profondeur la construction de l'oeuvre, a constitué alors (c'était en 2005) un jalon dans ma propre réflexion sur ce difficile sujet.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eBrice Pauset\u003c\/p\u003e\u003ch3\u003eEnregistrement \u003c\/h3\u003e\u003cp\u003e1 CD aeon, AE1652, \u003ci\u003eDer Geograph - Les voix humaines - Concerto I - Das Dornröschen\u003c\/i\u003e\u003cbr\u003eNicolas Hodges (piano), Brice Pauset (clavecin), Ensemble Recherche, Arditti String Quartet, WDR Sinfonieorchester, WDR Rundfunkchor Köln, Emilio Pomarico, Matthias Pintscher (direction)\u003c\/p\u003e","brand":"Hexamusic","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":51496405762387,"sku":null,"price":48.6,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0824\/5113\/6851\/files\/concerto-i-birwa_b1d98475-4811-456d-bde4-41b7f29dac5f.jpg?v=1753983983","url":"https:\/\/deuxcrochesnoire.com\/products\/27782","provider":"deuxcrochesnoire.com","version":"1.0","type":"link"}